10 trucs et astuces pour ta première participation à un festival artistique


Comme j’en ai fait mention dans l’article précédant, j’ai fait un passage à Mtl en Arts dernièrement, pour ma première participation à titre d’exposante à un festival artistique. J’ai eu la chance d’expérimenter et d’apprendre beaucoup de choses en tant qu’artiste, et j’ai aussi profité de l’occasion pour visiter les autres exposants, émergents comme expérimentés. Je vous partage ici 10 trucs et astuces à considérer avant de s’engager dans un tel évènement : des choses à faire … ou à éviter!


1-Créer une ouverture : laisser 2 côtés de a tente à découvert

Un évènement extérieur attire beaucoup de passants qui se trouvent à être là par hasard. Un espace trop fermé n’est pas invitant pour les curieux. Seuls les plus motivés vont prendre la peine d’entrer dans un lieu clos. En créant un espace de circulation plus aéré, les gens seront moins gênés de s’approcher, et même s’ils ne s’aventurent pas, ils auront tout de même une meilleure vue d’ensemble sur les œuvres sans avoir à entrer.

2- S’adapter au type de clientèle présent

Ça semble tellement logique et prévisible, et pourtant, je suis quand même passé à côté. Dans un festival extérieur, les amateurs d’arts passionnés se mélangent aux passants qui n’avaient pas prévu visiter les tentes blanches abritant art et couleurs. Ce n’est donc pas tout le monde qui avait prévu un budget de 300$ pour agrémenter leur collection, c’est évident. Il est donc préférable de prévoir des œuvres pour petits budgets comme pour grands. Les œuvres à moins de 100$ sont plus accessibles et tout le monde qui aime ton travail pourra y trouver son compte!

3- Joindre l’utile à l’agréable : les produits dérivés

Cartes de vœux, sacs réutilisables, cartes postales, aimants, t-shirts… Les produits dérivés sont une belle façon de rejoindre un public plus large. On en voit de toutes sortes dans les kiosques.Il faut toutefois garder en tête que ce ne sont pas toutes les pratiques qui peuvent s’y prêter, et qu’en tant qu’artiste, chacun a droit à sa propre opinion sur la reproductibilité de ses œuvres.Il faut y réfléchir pour que ça fasse du sens avec ton discours artistique. N’empêche que ça peut être une belle opportunité de rentabiliser les dépenses encourues par la participation à l’évènement.


4- Être présent dans les journées les plus passantes

Ça aussi, ça semble évident. Mais en tant qu’artiste émergeant, on nous propose parfois des tarifs réduits pour les journées les moins achalandées (pas toujours.. mais quelques évènements le font). J’ai sauté sur l’occasion en me disant que j’allais pouvoir me « tester », voir si ça veut la peine d’investir dans les sommes demandées pour les inscriptions aux festivals. Je continue de croire que j’ai bien fait de le faire …une fois! C’est la fin de semaine que ça bouge, pas en milieu de semaine. En début d’évènement, les gens fond du repérage sans nécessairement acheter.Ils ont la liberté de revenir chercher leur coup de cœur dans les jours suivants. Mais n’étant plus là, on rate de belles occasions de vendre et de se faire voir.

5- Bien planifier son accrochage et prévoir le matériel nécessaire

Les heures allouées à l’installation passent vite …et encore plus si on est seul! En ayant préalablement reçu les dimensions de l’espace d’accrochage, il est possible de réfléchir à la disposition de chaque élément, à la manière d’accrocher les panneaux et les œuvres, quoi placer au mur, quoi placer sur la table, etc. Il est bien de rassembler tout le nécessaire et prévoir une façon de les transporter pour que tout soit à porté de main.

P.S. Pense à un escabeau au besoin. ça sa été mon erreur! Oups!

6- Investir l’espace

Il n’est pas rare de voir les artistes étendre leur espace d’exposition plus loin que l’endroit prédéterminé, particulièrement dans un évènement à l’extérieur. Placer une table dans la rue, à côté de la tente, c’est l’équivalent de prendre le client par la main et de lui dire « Regarde! ». On lui met un aperçu sous l’œil sans qu’il ait besoin de faire un effort, et si ce qu’il voit lui plait, il sera tenter d’entrer voir la suite. C’est le même principe qu’une belle vitrine de magasin.

7- S’imaginer tous les scénarios météorologiques

Et s’il se met à venter? Et s’il se met à pleuvoir? Et si jamais il passe une tornade?? Dame Nature est parfois bipolaire et il faut être prêt à s’adapter rapidement à un changement de température. Prévois pouvoir rentrer facilement le présentoir de cartes ou la table où sont posées des œuvres. Si le présentoir est en pièces détachées et ne peut être entré en moins de 10 minutes, il se peut que quelques œuvres se trouvent abimées. C’est à réfléchir!

8- Laisser du matériel promotionnel à disposition

Beaucoup de gens passent et peuvent s’intéresser à ton travail sans avoir le coup de cœur pour acheter maintenant et c’est tout à fait normal. Ce qu’on peut faire alors c’est semer des graines.Tu ne veux pas qu’ils t’oublient rendus au bout de la rue. Alors prévois des cartes d’affaire à ton image qui rappelleront aux gens ce que tu fais. Les outils promotionnels placés bien à vue sur une table, les gens pourront se servir eux-mêmes et ils seront à portée de main si se présente une occasion d’en distribuer personnellement.

J’ai reçu certaines cartes d’affaire très épurées et très belles, mais rendue chez moi je replaçais difficilement à qui elles étaient. Un petit élément visuel peut suffire à faire le lien avec ton travail.

9- Créer une cohérence visuelle

Il est important de penser à l’image reflétée par son travail et par soi-même. Normalement, tout devrait bien se marier ensemble. Si l’on choisit de s’éparpiller et de présenter des œuvres de corpus trop différents, avec des produits dérivés disparates, l’effet général risque de s’approcher d’un kiosque de marché aux puces. La vision générale devrait être harmonieuse et devrait permettre d’identifier rapidement à quel type d’art et à quel discours on a affaire. Imaginons rapidement un kiosque rempli d’œuvres aux douces teintes pastel, où l’on retrouve des t-shirts aux couleurs foncées, des petites sculptures en bois et des photographies de paysage urbain. Le lien sera hélas difficile à faire même si tout cela vient d’un seul créateur. Même chose si l’artiste se présente habillé très coloré alors que ses œuvres sont en noir et blanc. Ça crée une dissonance cognitive pour le public qui n’associera probablement pas l’un à l’autre.

10- Être présent pour les gens

C’est probablement le meilleur des conseil que j’aurais à donner : Reste disponible et accueillant pour le public. C’est ça qui attirera les gens vers toi et c’est ça qui créera les rencontres comme les opportunités. Je raconte 2 faits vécus ici qui illustreront bien le propos :


Je suis passée devant la tente d’un artiste et mon œil a accroché sur une petite toile accrochée à l’extérieur. J’ai pris le temps d’arrêter, de l’observer, d’entrer voir les autres œuvres, de chercher à quelques reprises un contact visuel avec l’artiste et même d’émettre des commentaire à haute voix pour attirer son attention. Pendant tout ce temps, l’artiste en question était assis devant moi, au fond de sa tente, les yeux rivés sur son téléphone. Ça ne fait pas de sens de vouloir être là pour présenter son travail au public et ne même pas lui répondre quand il s’y intéresse.Je suis partie sans prendre sa carte.

Je suis arrêtée à une autre tente avec mon copain. La tente était fermée de 3 côtés, et l’artiste discutait avec 2 autres personnes, des amis de toute évidence. Il a fallu se faufiler à l’intérieur puisque les 3 hommes étaient placés dans l’ouverture de la tente, chose qui n’a rien d’invitant.Lorsqu’on a voulu poser des questions, ce n’est même pas l’artiste qui est venu nous voir. On aimait bien ce qu’on voyait et quand on a demandé clairement « Et qui est donc l’artiste? », on s’est fait pointer un homme qui nous a à peine regardé, sans rien dire. J’aurais très bien compris s’il avait été occupé avec d’autres clients ou dans une discussion importante, mais ça ne semblait pas être le cas. On a senti qu’il n’avait aucun intérêt à nous répondre, et on est parti. Dommage.

La morale de ces histoires est qu’il faut toujours créer des ouvertures au lieu de les fermer. Il faut mettre le client à l’aise, le laisser regarder à son gré, répondre à ses questions s’il en a et créer les discutions si l’intérêt est là. Après avoir eu droit à un contact privilégié avec l’artiste, son œuvre trouve un sens plus personnel et ça c’est précieux.

Il faut mettre le client à l’aise, le laisser regarder à son gré, répondre à ses questions s’il en a et créer les discutions si l’intérêt est là. Après avoir eu droit à un contact privilégié avec l’artiste, son œuvre trouve un sens plus personnel et ça c’est précieux.


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© 2018, Anne-Marie Villeneuve